Du Droit d'aimer… dans un monde d’apparences par Xavier
Je rêve d'un monde sans excommunié... Un monde où les apparences ne gouverneraient pas les sentiments... Je sais, c'est utopique, je sais, c'est le discours de ceux qui n'ont plus rien à perdre... Mais laissez moi encore un peu rêver.
Dans ce monde gouverné par l’égoïsme et l’indifférence, face à la montée constante de l’intolérance et des intégrismes ; dans un monde où l’on décide déjà qui doit vivre et qui doit mourir, ce que nous devons faire et ce que nous devons penser, sommes- nous tellement sûr de nous-mêmes pour nous permettre de dire qui a le droit d’aimer, qui a le droit de nous aimer ? Qui sommes-nous pour nous permettre de vouloir régenter les émotions, les sentiments des autres comme cela nous arrange, comme cela nous valorise vis-à-vis du regard que l’on pause sur nous ? L’amour n’est-il plus cette enfant de Bohème que nul ne peut apprivoiser, n’est-il plus ce dernier sursaut de liberté, ce dernier rempart de notre humanité ? Doit-on, là aussi, définir un profil type, un cahier des charges basé essentiellement sur le culte de l’apparence et de la superficialité ? Est-ce si dégradant, si indigne que d’être aimé par quelqu’un qui ne correspondrait pas à cette « norme » rigide et drastique que l’on tente d’imposer de gré ou de force, parce que nous le jugeons pas assez bien pour nous ou bien pas comme nous souhaiterions qu’il soit ? Avons-nous la mémoire si courte que cela pour oublier comme il est agréable d’aimer et d’être aimé, pour dénier ce droit à quiconque sous des prétextes fallacieux qui ne flattent que notre propre ego ?
Aux
êtres de lumière sans qui on désespère,
À ceux qui sont là pour nous éclairer,
À ceux qui sont là pour nous permettre d’avancer,
À ceux qui aiment sans compter.
Être là,
toujours là,
Parler, écouter,
Ne pas laisser tomber,
Réconforter à tour de bras.
Absorber comme
une éponge,
Ces larmes inondant les cœurs,
Du tracas libérer les songes,
De la fougue calmer les ardeurs.
Être là,
toujours là,
Apprendre, comprendre,
Ne juger personne ici bas,
Se contenter d’entendre.
Finalement, être
las, être las,
De ne rien être encore une fois,
De ne plus exister quand tout va,
D’être celui qu’on oubliera.
Celui qui
restera seul à la fin,
Inquiet du lendemain,
Quand la vieillesse arrivera,
Et que trop fatigué il sera.
Être las, Être
las,
De même être méprisé parfois,
Pour avoir été là, toujours là,
Celui qui jamais, plus que ça, ne sera.
Xavier (avril 2002)